On dit qu’ «il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour». L’amour se juge donc dans les actes. Ainsi en va-t-il du secteur du tourisme : on lui déclare sa flamme à tout bout champ, mais dans les faits on rogne chaque fois un peu plus son budget de promotion.
Ainsi, ce budget ne représente plus en 2026 que 25% du budget global du Ministère de tutelle. Il était à 33,5% en 2017. Et si la promotion se fait essentiellement en Europe, le budget s’amenuise encore plus au rythme de la dévaluation du dinar face à l’euro.
Le secteur aurait pu compter aussi sur les quelque dix millions de dinars du Fonds de compétitivité (FODEC), produit d’une taxe que payent annuellement les hôteliers, les agents de voyages et les restaurants. Que nenni ! Jamais rendues publiques, les dépenses de ce fonds, initié comme un complément au budget de l’Etat apporté par les professionnels qui y siègent, et dans lequel ils sont censés participer activement à la prise de décision, sont à la discrétion de l’administration. La seule dépense connue «officieusement» est celle des «subventions» accordées aux trois fédérations FTH, FTAV et FTRT à l’exclusion de tous les autres.
Ce financement des fédérations a pris la forme, depuis quelques années, d’un remboursement des frais d’opérations de communication, soumis à l’aval de l’administration, et dont le montant a été diminué de moitié. Une manière comme une autre de «tenir en laisse» des fédérations asphyxiées par la faiblesse de leurs budgets, et souvent incapables de générer des revenus qui leur soient propres.
Cette manière de faire et cet état des fédérations sont bien éloignés des critères de la bonne gouvernance, surtout si on y ajoute l’anachronisme de nombreuses lois, et l’opacité entretenue autour des chiffres du secteur.
Par Lotfi Mansour, Consultant en tourisme, ancien directeur de magazines spécialisés, Directeur de la rédaction de Touriscope.
Réalisation : MCM.

