Pays à l’honneur de l’IFTM cette année, l’Ouzbékistan est sans doute un modèle de lancement d’une nouvelle destination, tant par la croissance exceptionnelle de son tourisme que par la manière dont il la réalise.
En 2020, le pays recevait à peine 1 million de touristes internationaux ; il en a reçu 11,7 millions en 2025 pour des recettes touristiques de 4,8 milliards de dollars.
Il vise désormais les 20 millions de touristes et 6 milliards US$ pour 2030.

Comment cette ancienne république soviétique réalise-t-elle de telles performances ? En s’assumant d’abord et en s’organisant ensuite.
Le pays de Samarcande, Tachkent et Boukhara mise sur sa culture et son histoire. Sa participation à l’IFTM en était un exemple. Le patrimoine architectural y était à l’honneur, notamment ses mosquées de style persan illustrant l’affiche du salon. L’artisanat également, avec la présence sur le stand d’un atelier de maîtres céramistes perpétuant la tradition.

Le pays a aussi misé sur l’attrait des grandes enseignes hôtelières et l’ouverture de nombreux hôtels et unités d’hébergement. Il a ouvert le transport aérien à la concurrence et compte désormais 6 compagnies, dont le transporteur public Uzbekistan Airways qui a une flotte de quelque 50 avions.
En outre, il n’existe plus de ministère dédié au tourisme, mais un Comité chargé du secteur avec un pilotage par la Présidence de la république via un Département de l’économie créative et du tourisme. Sa directrice était en vedette pour cet IFTM, porteuse entre autres d’un programme “Film Rebate Uzbekistan” qui rembourse jusqu’à 25% des coûts de tournage des productions internationales.

Peut-on s’en inspirer alors ? Assurément oui, si nous admettons que le prestige de Carthage ou de Kairouan vaut bien celui de Samarcande. Ou que notre artisanat, céramique comprise, est fabuleux.
Assurément non, si nous considérons que notre système de gouvernance est bon, que l’ONTT est performant, ou que le tourisme peut se développer sans développement du transport aérien.
Lotfi Mansour

